Augustin Guibaud

Dur dur d’appeler les pompiers dans l’espace !

1997 : la surchauffe imprévue d’un appareil à bord de la Station Spatiale MIR met le feu à un générateur d’oxygène. Dès les premières minutes, le manque de préparation pour faire face à cet incident se fait sentir. Les extincteurs sont vissés aux parois par mesure de sécurité au décollage et, une fois libérés, leur utilisation s’avère malaisée puisqu’ils propulsent en arrière les astronautes qui flottent en apesanteur. Enfin, encore plus inquiétant, la flamme dégage une fumée très épaisse, qui brouille la vue et coupe le souffle. Or dans l’espace, pas moyen d’ouvrir la fenêtre pour prendre un bol d’air… L’incendie a heureusement été maitrisé grâce à la réactivité de l’équipage, mais ils ont eu chaud ! Dans ce genre de situation, l’absence de gravité perturbe énormément le comportement d’une flamme. Sur terre, les gaz chauds, plus légers, produits lors de la combustion sont évacués vers le haut. Mais, sans gravité, plus de haut ni de bas et cela affecte toute la combustion. Je développe en thèse une expérience capable de mesurer lors de vols en apesanteur la façon exotique dont la chaleur et les composants de la fameuse fumée interagissent dans cet environnement inhabituel. L’objectif est de comprendre comment les conditions extérieures affectent son apparition, sa propagation et son l’extinction afin d’améliorer la sécurité incendie des navettes spatiales. Le 6 Février dernier, Elon Musk envoyait sa voiture en orbite. Espérons donc qu’il ait bien débranché l’allume cigare. 

Etablissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences

Ecole doctorale : Sciences mécaniques, acoustique, électronique et robotique (ED 391)

Doctorant 2ème année

Laboratoire : Institut Jean Le Rond d’Alembert

Encadrant : Guillaume Legros