Hélène Cazzola

Compréhension de l’interaction flagelle/membrane : vers la fin d’un atout stratégique dans l’infection bactérienne

Les antibiotiques, ce n’est pas magique. Notre unique arme contre les bactéries est réellement menacée, car de moins en moins efficace. Si rien n’est fait, à l’horizon 2050 ces infections deviendront la première cause mondiale de mortalité, devant les maladies cardiovasculaires et les cancers. Comme quoi, tout ce qui est petit n’est pas forcément mignon et gentil !

Plutôt que de vouloir à tout prix tuer les bactéries, ce qui les rend plus résistantes, pourquoi ne pas tout simplement les rendre inoffensives. Avant de nous infecter, les bactéries ont besoin d’adhérer sur nos cellules. Tout comme les agents secrets, elles possèdent pas mal de gadgets en particulier le flagelle, un long bras articulé capable de s’accrocher à la membrane cellulaire. Et là, nous sommes à leur merci…

Dans le cadre de ma thèse, j’étudie comment marche cette interaction. Les premiers résultats montrent que le flagelle cible les lipides, les constituants majeurs de la membrane. Reste à savoir quels lipides préférentiellement, dans quelles conditions, est-ce que le flagelle traverse la membrane ou est-il juste accroché à sa surface ?… Autant de questions sans réponse qu’il reste à élucider.

Une fois ces précieuses informations acquises, nous serons capables dans plusieurs années de créer un piège attirant et entourant le flagelle de manière permanente. Ainsi, les bactéries ne seront plus en mesure de rentrer en contact avec la membrane. Nous serons donc protégés sans induire de nouvelles résistances.

Etablissement : UTC

Ecole doctorale : Sciences pour l’ingénieur (ED 071)

Doctorante en 2ème année

Laboratoire : Génie Enzymatique et cellulaire FRE 3580 CNRS

Encadrant : Yannick Rossez et Claire Rossi