Isabelle Dumont-Dayot

Dion Chrysostome, orateur intemporel : il y a 2000 ans, il nous parlait déjà de notre humanité

A quoi bon traduire aujourd’hui des textes grecs qui n’ont pas encore été traduits en français ?

Cette question se pose pour Dion de Pruse, orateur grec du Ier siècle après J.-C.. Il parcourait l’Asie Mineure (l’actuelle Turquie) et l’Empire romain pour des conférences où il brillait devant son auditoire : son surnom « Chrysostome » signifie « bouche d’or ». À peine le tiers des 80 discours qui nous sont parvenus a été traduit, principalement les discours politiques.

Ma thèse consiste à traduire huit discours moraux: deux d’entre eux traitent de la mort d’un boxeur adulé par son public, avec des réflexions sur le corps des athlètes, sur les relations entre le corps et l’esprit. Les autres évoquent les thèmes de l’image et des apparences, de la tenue vestimentaire et de l’opinion publique. Si Dion est éloigné de nous dans le temps et dans l’espace, ses préoccupations sont proches des nôtres. Ses discours semblent s’adresser à nous, pour nous accompagner dans notre quête de la sagesse, sans âge ni frontière : « On ne peut pas faire bon voyage en mer si on ne sait pas dans quelle direction on navigue. De même, dans la vie, c’est après avoir compris ce qui est le mieux et après l’avoir établi comme but qu’il faut faire tout le reste en accord avec ce but. »

 Traduire, c’est réveiller une parole oubliée, et aller à la rencontre d’auteurs antiques. Chercher à les comprendre, c’est accueillir leur vision du monde et se rendre compte que nous partageons leur humaine condition.

Etablissement : Sorbonne Université – Faculté des lettres

Ecole doctorale : Mondes anciens et médiévaux (ED 022)

Doctorante en 3ème année

Equipe : Edition Interprétation, Traduction des textes anciens (EDITTA) – EA 1491

Encadrant : Alain BILLAULT