Marianne Roca

Héritage cellulaire : comment l’ascidie blanche fait-elle fi de l’avis du juge ?

Tout héritage pose le problème de la répartition des biens et quand une seule solution permet de rester en vie, la présence d’un juge contrôlant cette répartition est vitale.  Les biens de la cellule (unité de base des organismes vivants) ce sont les volumes de l’encyclopédie contenant l'information génétique, mode d’emploi qui lui permet de faire face à toute situation. Lors de la division de la cellule, un exemplaire de chaque volume doit être transmis à chaque cellule fille. En cas d’erreur, les conséquences vont être désastreuses: trisomie, cancer, mort embryonnaire. Un juge est donc là pour contrôler la répartition correcte des copies de ces volumes. Ce juge est présent chez les cellules animales notamment humaines mais aussi végétales ou  encore chez les levures.

Cependant, au cours du développement (de la fécondation de l’œuf à l’adulte), l’histoire est un peu différente. Certaines espèces comme l‘oursin ou la souris écoutent l’avis du juge dès la toute première division de la cellule œuf ;  d’autres, comme la grenouille ou l’ascidie effectuent les premières divisions sans en référer au juge.
Mon but est de comprendre cette absence de contrôle de la répartition des volumes de l’encyclopédie lors du développement précoce de l’ascidie blanche : Est-ce que le juge n’est pas là ? Ignoré? Inhibé? Endormi? Comprendre ce procédé ouvre la possibilité d’apprendre à l'épauler dans sa lutte contre les maladies.

Etablissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences

Ecole doctorale : Complexité du vivant

Doctorante 2ème année

Laboratoire : UMR7009 Laboratoire de biologie du développement de Villefranche/mer (LBDV)

 

Encadrante : Elisabeth Christians