Nicolas Dubos

Crédits photo : Pierre Kitmacher - SU

Le changement climatique joue aussi sur la taille des animaux

Alors que des records de températures sont battus presque chaque année au travers du globe, les climatologues prédisent un avenir funeste. Les conséquences des changements climatiques se font déjà ressentir. Fonte des glaces, montée du niveau des mers, augmentation du nombre de catastrophes… En silence, la biodiversité en paye déjà le prix. De nombreuses espèces sont aujourd’hui en déclin. Heureusement, la vie s’adapte. En réponse à ces changements, certaines espèces sont capables de décaler leur domaine vital vers les pôles afin de se maintenir dans des conditions vivables, d’autres modifient leurs habitudes. Ainsi les marmottes peuvent sortir de leur hibernation plus tôt qu’avant.

Des études récentes ont montré une tendance chez de nombreuses espèces à devenir de plus en plus petites avec le temps. Ce rétrécissement des espèces dans le temps serait-il le fait du changement climatique ? Le lien entre climat et taille est déjà connu, mais dans l’espace : vers l’équateur, les mammifères et les oiseaux ont tendance à être de plus petite taille. Il s’agit là d’une adaptation aux climats chauds : un corps plus petit évacue mieux la chaleur. Au cours de ma thèse, j’ai trouvé que ce lien entre taille et température pouvait s’appliquer, mais dans les régions chaudes uniquement. Sauf qu’il ne s’agirait pas d’une adaptation mais plutôt d’un signe de dégradation des habitats. Les espèces vivant dans les régions froides semblent mieux s’en sortir et grandissent au contraire. Ces travaux permettent une avancée dans la compréhension des effets du changement climatique sur la biodiversité, et suggèrent un plus grand risque encouru chez les espèces méridionales.

> Centre d'écologie et sciences de la conservation (CESCO)

École doctorale Sciences de la nature et de l'homme : écologie et évolution