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06/02/2017 A l'honneur

Aurélie Damas, chef de projet R&D chez Fleury Michon

Aurélie Damas, docteur UPMC en chimie moléculaire est chef de projet en recherche et développement chez Fleury Michon. Elle participera au Forum Doctorants-Entreprises qui aura lieu le 17 mars. Nous l'avons rencontré en amont. Elle revient pour nous sur son parcours et son poste.

Aurélie Damas, quel est votre parcours ?

Après une licence et un master en chimie, à l’UPMC, j’ai continué en doctorat. Je l’ai effectué en Chimie moléculaire (ED 406) sous la direction du Docteur Hani Amouri. Mon sujet traitait des assemblages moléculaires aux propriétés photophysiques et électroniques. Il s’agissait de développer de nouvelles molécules organométalliques absorbant un maximum d’énergie lumineuse, émettant de la lumière dans le proche infra-rouge ou réservoir d’électrons. Ces molécules sont particulièrement adaptées pour des applications dans des domaines tels que les cellules photovoltaïques, le marquage en biologie ou encore le stockage électronique. J’ai soutenu ma thèse en septembre 2012. Mon projet professionnel initial après la soutenance était axé vers la R&D dans le secteur privé. Ne pouvant plus continuer la recherche en chimie pour des raisons de santé, j’ai décidé d’acquérir une double compétence et j’ai poursuivi en master spécialisé Ingénierie des produits à l’interface cuisine industrie en 2014-2015. Ce master spécialisé est proposé par AgroParisTech en partenariat avec l’école française de gastronomie Ferrandi. J’ai ensuite travaillé un an dans une PME : Guaranteed Gluten Free en tant qu’ingénieure R&D.

Vous êtes chef de projet R&D chez Fleury Michon, en quoi consiste votre travail au quotidien ?

Mon travail au quotidien consiste à développer de nouveaux plats cuisinés, à améliorer les produits existants, à optimiser des procédés et mettre en place de nouvelles méthodologies de travail. Je réalise des études, des essais pour développer des innovations et suis devenue « experte » sur des matières premières végétales et les céréales vis à vis de la R&D et du service achats. J’ai choisi de faire une carrière en R&D dans l’industrie agroalimentaire car je suis passionnée d’innovation et d’art culinaire. Mon métier actuel me permet d’utiliser tous les jours les connaissances et compétences acquises durant ma thèse de chimie.

Comment avez-vous été recruté ?

J’ai répondu à une offre d’emploi trouvée grâce au réseau du Master spécialisé. J’ai été recruté à l’automne 2015 et occupe le poste depuis janvier 2016. C’est vrai que le réseau et mon parcours professionnel ont permis des contacts directs et rapides avec la société. Le processus de recrutement s’est fait en plusieurs étapes avec une première approche de la société, puis un entretien en cabinet de recrutement avec des tests de personnalités, ensuite un entretien « classique » et un test pratique en art culinaire chez Fleury Michon. Le processus de recrutement a duré une petite dizaine d’heure (temps consacré aux tests de personnalité compris). L’étape la plus « désagréable » du recrutement a été celle de l’entretien avec le consultant du test de personnalité (une des 2 étapes en cabinet de recrutement). Les questions ont tendance à nous pousser hors de notre zone de confort. Ma franchise et mon pragmatisme m’ont néanmoins permis de surmonter cette épreuve sans difficulté. Enfin, le plus stressant a été l’attente de la réponse suite au test culinaire. Celle-ci est arrivée une semaine après, délai cependant convenu lors de l’entretien.

Quelle est selon vous la valeur ajoutée du doctorat ?

Le doctorat est une expérience de vie inédite qui vous transforme fondamentalement ! Rigueur, patience, persévérance sont maîtres mots durant un doctorat. Capacité d'adaptation, d'expression, de communication, pragmatisme, maîtrise d'une gestion de projet sont autant de compétences développées en cours de doctorat.

Quelles sont les perspectives actuelles d’emploi pour les docteurs de votre domaine ?

En R&D chimie dans le secteur privé, globalement, il y a peu d’offres en France et pour les trouver le réseau est primordial. Il y a quelques emplois en start-up ou TPE. Les offres sont plus courantes à l’étranger (Allemagne, Amérique du Nord…). Dans le secteur privé en agroalimentaire, de belles perspectives d’emploi et de carrières sont accessibles à condition de suivre un complément de formation adaptée.

Quels conseils donneriez-vous aux docteurs qui voudraient postuler à un poste similaire au vôtre ?

Même en changeant de secteur d’activité, les connaissances et compétences acquises durant une thèse sont moteurs auprès des employeurs. Ne pas se reposer sur ses acquis et savoir se remettre en question sont des points importants pour pouvoir évoluer. Par ailleurs, être géographiquement mobile est un atout.