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13/03/2017 A l'honneur

Benjamin Louis, créateur de start up

Benjamin Louis, docteur de l’UPMC en physique et chimie des matériaux et co-auteur d’un brevet a co-créé l’entreprise SOLGELWAY. Portrait d’un jeune créateur de startup.

 

Benjamin Louis, quel a été votre parcours avant la création de SolGelWay ?

J’ai soutenu ma thèse en octobre 2011. Mon sujet traitait du développement d’une nouvelle génération de nano-films. Il s’agissait de développer en parallèle une formulation chimique liquide à partir de la technologie « sol-gel » (solution-gélification) et un procédé de dépôt spécifique permettant de donner lieu à des revêtements nanométriques (très fins) invisibles, anti-abrasion et anti-traces de doigt. Ce procédé est destiné à protéger des accessoires du domaine du luxe, des matières précieuses et de formes géométriques variées comme les saphirs de montre, bagues, bracelets, chaines, corps de stylo… sans en altérer l’aspect.

Ma thèse était financée par une convention CIFRE et mes travaux ont été menés au Laboratoire Chimie de la Matière Condensée de Paris (LCMCP) sous la direction de David Grosso. Le projet a eu lieu par l’initiative d’un consortium de 4 entreprises de Franche Comté sous-traitants dans le domaine du luxe. Le lien entre le Laboratoire de Paris et ces entreprises de Franche Comté a été assuré par le centre de transfert technologique : l’Institut Pierre Vernier, mon employeur.

Comment avez-vous décidé de créer cette startup ?

Tout d’abord, le fait de vouloir travailler dans une entreprise date de mon master professionnel effectué avant de démarrer ma thèse industrielle. Fonder une entreprise est un projet professionnel qui m’est apparu un an avant ma soutenance. J’ai commencé à m’intéresser à la création d’entreprise en participant à des journées de formation organisées sur le thème « Entrepreneuriat et propriété intellectuelle » parfois conjointement avec l’UPMC, l’incubateur Agoranov ou encore le C’nano IDF (au total, environ 25 journées).

Ce projet professionnel s’est donc plutôt révélé comme une opportunité née de la thèse et s’est fait progressivement. Après ma soutenance, j’ai effectué 20 mois de post-doc au sein du LCMCP (UPMC) en assumant en parallèle la maturation de mon projet de création. En 2014, j’ai déposé un brevet en tant que co-auteur. Il porte sur un procédé que nous tentons de valoriser au sein de notre entreprise. La maturation du projet m’a permis de démarrer la recherche de fonds de départ, d’étendre mon réseau et l’équipe ainsi que de me former personnellement d’une manière plus aguerrie (stages courts à l’INSEAD et HEC…) avant finalement de créer l’entreprise plus sereinement en février 2014.

Quel est votre travail, actuellement au quotidien ?

Je suis co-fondateur de la société SOLGELWAY (avec Emmanuel Daugeras et David Grosso) et directeur technique au sein de celle-ci. Mon travail au quotidien consiste à assurer tous les travaux d’ordre technique relatifs à notre activité : préparation de formulation chimiques, réalisation de dépôts de nano-revêtements, commandes des pièces et assemblage des machines de dépôt commandées, coordination des sous-traitants, recherche d’innovation permanente concernant les formulations ou les procédés… Plus globalement, en tant que co-fondateur d’une petite structure, je dois assurer également en partie le marketing (site internet, brochures, salons…) ainsi que la partie commerciale (rencontres clients, présentations…).

Quelle est selon vous la valeur ajoutée du doctorat ?

Le doctorat m’a permis de commencer « en douceur » à prendre des responsabilités auprès d’industriels en m’appropriant et en coordonnant un projet pendant trois ans, cela sous la bienveillance de mon directeur de thèse mais aussi avec une grande autonomie, bénéfique pour mon développement personnel.

La valeur ajoutée du doctorat est ainsi selon moi de permettre à quelqu’un d’entrer mieux préparé et donc de plein pied dans le monde du travail de la recherche, académique ou industrielle, dès lors qu’il prend fin.

Quelles sont les perspectives actuelles d’emploi pour les docteurs de votre domaine et dans votre startup ?

Dans mon domaine, la chimie des matériaux, je dirais que les perspectives d’emplois actuelles sont principalement assurées par quelques grands groupes mais aussi quelques startups. Il faut tout de même être patient et bien travailler sur sa recherche d’emploi pour accéder à un poste mais j’ai tout de même l’impression qu’il est plus simple d’en trouver un en sortie de thèse plutôt qu’en sortie de master.

Personnellement, mon avenir dans cette société est directement conditionné par nos propres résultats… Pour l’instant, concernant l’ouverture de postes dans notre société, nous ne sommes pas en mesure de recruter car nous recherchons préalablement des investisseurs.

Quels conseils donneriez-vous aux docteurs qui voudraient vous suivre dans la création d’entreprise ?

S’ils ont envie de s’épanouir pleinement (malgré les premières années très difficiles en termes de financement personnel et de quantité de travail), de toucher à tous les domaines (technique, commercial, marketing) et d’apprendre très vite, je leur dirais de foncer dans l’aventure de la création d’entreprise ! Si par contre, ils préfèrent un fonctionnement plus « carré » (mais plus ennuyant parfois d’après le retour de quelques confrères) et veulent être assurés de toucher un salaire à la fin du mois, ils devront plutôt postuler aux offres des grands groupes.